Le projet Tri-Haut pour l'Everest, est soutenu depuis 2021 par le Fonds De Dotation , organisé par des étudiants de Grenoble INP -UGA afin de pouvoir installer et pérenniser un centre de traitement des déchets au pied de l'Himalaya.
Les Alumni soutiennent, grâce aux dons, à hauteur aujourd'hui de 6 000 euros le projet. Un grand merci à tous nos donateurs.
Les bénévoles du projet, sont à présent sur place afin de pouvoir superviser, accompagner et enrichir le projet, voici leur retour depuis leur arrivée ;
"Nous avons pris le départ de Grenoble le 17 février pour un trajet de trois semaines jusqu’à Katmandou. Notre objectif : atteindre le Népal en prenant le moins d'avions possible, tout en assurant notre sécurité et en ne traversant pas de zones sensibles.
Nous avons opté pour le trajet suivant, qui nous permet d’économiser 0.6 tonne équivalent CO2 par personne par rapport à un vol direct Paris - Katmandou (1.1 tonnes au lieu de 1.7 tonnes) :
Le 12 mars, le lendemain de notre installation dans la capitale népalaise, nous avons rencontré les partenaires du projet. De gauche à droite: Simon Barré (l’architecte en charge des plans de la MRF et du Community Hall), l’équipe Tri Haut, Amandine Famy (coordinatrice du projet en charge de l’administratif), Madindra Aryal (l’ingénieur népalais sur lequel nous nous appuyons pour la construction des machines depuis la création de
l’association) et Sadhan Biswas (le directeur de l’usine dans laquelle nous travaillons).

Nous avons également fait la connaissance d’un autre partenaire historique de Tri Haut, l’ONG Khumbila, représentée par son directeur Namgyal Zangbu Sherpa et son comptable Devi Panta.
Pendant les deux prochaines semaines, direction l'usine pour la construction d’une machine à laver low tech et son système de filtration, la conception et fabrication d’un séchoir solaire et quelques tests sur la machine à injection déjà présente.
La mission principale était la construction d’une machine à laver low-tech, qui n’utilise pas d’électricité, et fonctionne simplement à la force des jambes. Nous sommes donc arrivé.es au Népal avec des plans pour pouvoir commencer la construction au plus vite.
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La première étape, consistant à percer plusieurs plaques de métal afin de créer le tambour intérieur de la machine à laver, nous a pris quelques demi-journées. Les ouvriers de l’usine nous ont (grandement) aidés pour assembler les plaques entre elles afin de donner forme au tambour (photo). Ils ont également réalisé le tambour extérieur et le support global de la machine.
Durant les prochains jours, il reste l’assemblage des différentes parties ainsi que la liaison entre la machine et le pédalier.
Nous avons identifié une limite à notre machine liée à l’utilisation d’eau : la gestion des microplastiques présents. Nous souhaitons créer un circuit fermé permettant de réutiliser une même eau pour plusieurs lavages en la filtrant. Pour cela, nous cherchons à créer un filtre permettant de neutraliser les saletés et -autant que possible- les microplastiques, toujours sans utilisation d’électricité.
Nous expérimentons actuellement des filtres à sable comme présentés sur les photos ci-dessous. Les résultats n’étant pas encore concluants, nous envisageons l’ajout d’un tissu aux mailles serrées en haut du filtre pour ajouter une étape de filtration sélective.
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Le séchoir solaire, initialement non envisagé dans notre projet, s’est révélé utile pour sécher les copeaux de plastiques une fois lavés. En effet, avant toute revalorisation, il est nécessaire d'enlever l’humidité des plastiques. Or, à Pangboche, à plus de 4000m d’altitude, les conditions météorologiques ne permettent pas un séchage à l’air libre efficace et régulier. Un séchoir solaire permet d’atteindre des températures dans l’enceintre entre 30°C et 60°C même avec des températures extérieures inférieures à 20°C. Le principe repose sur un flux d’air chauffé entre une plaque de plexiglass et une tôle noire.
Nous avons conçu les plans, découpé les matières brutes, assemblé les tamis fait en plaques de plastique et monté l’ensemble pour parvenir au produit suivant, entièrement démontable:
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Pour les semaines à venir, nous allons réaliser des tests de performance de notre séchoir et ajouter un isolant au niveau de la porte pour minimiser les pertes thermiques.
Nous avons pris le temps d’inaugurer et tester le nouveau moule porte clé Everest créé par Johé Bruneau, un artisan drômois collaborant avec Tri-Haut depuis des années.
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Enfin, nous avons consacré une partie de notre temps à rencontrer des acteurs du recyclage à Katmandou. En effet, notre projet consiste en la construction d’un centre de tri (MRF) dans la vallée du Khumbu à Pangboche mais nous souhaitons également développer celle-ci conjointement aux deux autres MRF en cours de construction dans le Khumbu à Namche Bazaar et Lukla. Nous nous donnons comme mission d’assurer la cohérence de l’acheminement de chaque type de déchet dans chacune des MRF ainsi que la mise en relation d’acteurs du recyclage de la vallée avec chaque MRF. Ainsi, le flux de déchets sera complet, de l’Everest jusqu’aux recycleurs.
Nous avons pour cela visiter FabLab Népal qui abrite de nombreuses machines liées au recyclage du plastique (découpeuse CNC, extrudeuse, sheetpress…). Plusieurs entreprises partagent ces locaux, et nous ont éclairées sur leur développement et le recyclage du plastique à Katmandou. Nous avons signé un “Memorandum of Understanding”(MoU) avec Paramendo Népal nous donnant accès à leurs machines
d’usinage en échange d’échantillons réalisés avec la machine à injection. Nous développons ainsi les possibilités techniques tandis qu’ils nous partageront l’expérience client. Ce partenariat contribue à pérenniser le projet en impliquant des acteurs locaux du recyclage.

Nous souhaitons continuer dans cette direction pour les jours à venir, notamment en nous rendant au salon Zero Waste Exhibition pour rencontrer des personnes intéressées par notre projet.
Cette semaine, une partie de l’équipe prend la route pour le Khumbu afin de partir à la rencontre des habitants, organiser des ateliers participatifs pour définir les attentes du Community Hall et commencer à organiser des interviews pour notre documentaire. L’autre partie de l’équipe reste à Katmandou pour continuer la construction de la machine à laver, rencontrer et mettre en relation les acteurs du recyclage."

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